Décès d’Abderrazek Feki, un pionnier de la vulgarisation culinaire, à l’âge de 79 ans !

Après un long combat contre la maladie, l’inoxydable gastronome et vulgarisateur culinaire Abderrazek Feki est mort, avant-hier, dans son domicile, à l’âge de 79 ans, laissant derrière lui des milliers d’articles sur les colonnes de la page « Vadrouille » sur les colonnes de La Presse de Tunisie, depuis le 6 mars 1998, avec son ami de toujours Taher Ayachi, alias « Gustor », et une myriade de billets et de recettes dans le supplément hebdomadaire « La Presse Magazine », sans oublier ses lumières distillées sur le petit écran à travers les matinale de l’ex-Canal 7 (actuelle Al Wataniya 1) ainsi que ses passages radiophoniques sur plusieurs ondes hertziennes (RTCI, Radio Med, etc.).

Véritable amateur de la bonne chère et fin connaisseur de la gastronomie tous azimuts, ce pionnier pour ne pas dire ce précurseur de la vulgarisation culinaire quitte la table des gourmets sur la pointe des pieds.

Bien avant l’émergence du journalisme culinaire et du phénomène des « foodies » en Tunisie ou de l’avènement de la mode des « food bloggers » sur les réseaux socionumériques; R’zouga — comme aiment l’appeler ses proches — était un véritable guide des saveurs, la voix des artisans et des fermiers voire le premier ambassadeur des produits des terroirs tunisiens.

Allié de la nature dans nos contrées et fervent défenseur du mieux-manger sous nos cieux, ce locavore averti et éclairé avait une grande sensibilité pour le « greater food » et un océan de connaissances dans le domaine de la nourriture, faisant de lui un érudit de l’art de la table et des astuces culinaires de nos grand-mères.

Outre sa sensibilité à fleur de peau, sa culture encyclopédique, sa soif intarissable de savoir et son palais aventurier; le plaisir était l’encre de sa plume et l’énergie qui faisait vibrer ses cordes vocales à la télé ou à la radio. Plaisir de la table, de connaître, de manger, de savourer la beauté, la diversité des goûts, des formes, des textures et des couleurs. Et surtout le plaisir de magnifier la nature à travers ses fruits et ses délices, dépoussiérant et remettant au goût du jour la diversité des cuisines citadines (méridionales, septentrionales ou côtières) et rurales (campagnardes, montagnardes, sahariennes, etc.) de la Tunisie.

À différents degrés, cela implique aussi que: celui qui en connaît beaucoup peut ne pas ressentir autant de plaisir en mangeant que celui qui en connaît moins et qui parvient à s’étonner lui-même des plaisirs qu’offre le contenu de son assiette. L’observation et l’acceptation de nos propres sensations vont au-delà des lois, des classes, des modes et des répertoires culinaires locaux et internationaux. Tel était Abderrazek Feki, agitateur culturel, ancêtre des « foodies » tunisiens et pionnier de la vulgarisation culinaire au pays de l’harissa !

Adieu l’Artiste !

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