A Nadhour, près de Zaghouan, une merveille de safran !

Crédit photo: © Zied BOUZID – © mangeonsbien.com


Depuis six ans, dans le gouvernorat de Zaghouan, une petite entreprise écologique et pleinement engagée dans la défense du terroir, a vu le jour à l’initiative de Hamida Elfehri.

Sous le label « Safran de Nadhour » du DOMAINE H. ELFEHRI, cette unité de production récolte un précieux safran, cultivé avec soin et attention.

 

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Une vue panoramique du DOMAINE H. ELFEHRI (Crédit photo: Hamida ElFehri – © Copyright mangeonsbien.com)

 

La belle aventure de ce safran produit à Nadhour a commencé presque par hasard, à New York, lorsque chez un libraire,

Hamida ELFEHRI s’est retrouvé à feuilleter un livre sur cette plante rare et précieuse qui sert de condiment.

Quelques semaines plus tard, le voici qui achète 5000 bulbes de safran et les plante en Tunisie chez l’un de ses oncles qui possède un terrain agricole.

Malheureusement, l’expérience tourna court car, non initié, l’oncle ne prit pas soin des plants et laissa même les chèvres les brouter.

Retour à la case départ pour Hamida Elfehri qui, cette fois-ci en France, prit contact avec une agricultrice française, installée dans la Creuse et cultivant le safran.

Après avoir acheté de nouveaux bulbes, Hamdia décida de les planter à Nadhour, dans le gouvernorat de Zaghouan, en plein coeur d’une olivette dont il est le propriétaire.

 

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Des fleurs de safran dans le DOMAINE H. ELFEHRI dans la localité du Nadhour à Zaghouan (Crédit photo: Hamida Elfehri – © Copyright mangeonsbien.com)

 

La terre s’avéra fertile à souhait et le terroir des plus accueillants pour la culture du safran. Les plants allaient plutôt bien s’acclimater et donner des pousses remarquables.

D’ailleurs, si la taille moyenne des pistils de safran est de 30 millimètres, ceux obtenus par DOMAINE H. ELFEHRI sont de quatre à six millimètres plus grands, ce qui constitue une belle performance.

Pour la culture du safran, le terroir de Nadhour s’avéra idéal et l’aventure de la commercialisation n’allait pas tarder à prendre forme.

Quelques données à propos du safran maintenant. Cette plante qu’on qualifie d’or rouge est en fait autant une fleur qu’une épice des plus délicates.

Cette fleur se nomme le crocus sativus. Il s’agit d’un bulbe enterré dont les feuilles sortent de sous terre et fleurissent.La fleur de safran comporte six pétales violets, trois étamines jaunes et un pistil rouge.

C’est ce pistil composé de trois filaments qui, une fois séché, donne l’épice que nous nommons safran.

Ce sont les Arabes qui ont donné son nom au safran qui provient de « zaafaran ». La plante serait originaire du Cachemire et son usage des plus lointains car attesté dans la Grèce antique.

Il faut ensuite savoir qu’il est nécessaire de cueillir 150 fleurs de safran pour obtenir un seul gramme. En effet, il faut 150.000 fleurs de crocus sativus pour obtenir un kilo de filaments frais. Puis, il faut près de cinq kilos de filaments frais pour obtenir un kilo de safran sec.

C’et dire la complexité du processus, surtout au niveau de la récolte qui se fait à la main. Il faut en effet cueillir, retirer les pistils, les sécher, etc.

Cela vaut au safran d’être qualifié d’or rouge. Il est utilisé en cuisine mais aussi en tant que plante médicale ou comme colorant.

A Nadhour, on le cueille durant les deux premières semaines de novembre, lorsque le soleil est le plus haut, pour que ses pistils ne soient pas humides.

Ensuite, une succession de gestes artisanaux permet de le préparer pour la commercialisation. Le label « Safran de Nadhour » du DOMAINE H. ELFEHRI est actuellement vendu en France avec beaucoup de succès.

 

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Le safran de Nadhour du DOMAINE H. ELFEHRI (Crédit photo: Hamida Elfehri – © Copyright mangeonsbien.com)

 

Le prix de vente tourne autour de 19 euros pour un flacon d’un gramme qui, en fait, peut servir à la préparation de près de 150 plats aromatisés.

Cher le safran? Certainement, car il s’agit de safran véritable et non pas de ce qui est vendu un peu partout dans les souks et ailleurs.

En effet, les marchands de faux safran sont nombreux et ils commercialisent une plante nommée « carthame » qui est aussi désignée sous l’appellation de « safran bâtard ».

Si le « carthame » peut colorer les plats, il n’a en aucun cas le goût du safran véritable. Il faut évidemment le savoir pour apprendre à distinguer le vrai du faux.

Désormais, l’or rouge de Nadhour a de beaux jours devant lui et sa culture dans des conditions optimales pourrait inspirer d’autres entrepreneurs qui, à la suite de Hamida Elfehri, pourraient faire de ce produit une nouvelle star de nos exportations.


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