Industrie agroalimentaire: quels sont les sucres et les édulcorants utilisés?

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Ils sont très présents dans les produits transformés de l’industrie agroalimentaire. Certes, la liste des ingrédients peut parfois nous informer sur la nature des sucres ou des édulcorants. Mais, seulement, il faut savoir les différencier et surtout connaître leurs noms. Voici les principaux !

Un large éventail de sucres simples

Utilisés, généralement, pour leur moindre coût, tels que le saccharose (le sucre blanc), le dextrose ou encore le sirop de glucose-fructose, les sucres simples sont la pierre angulaire de l’industrie agroalimentaire, notamment celle des breuvages (sodas, eaux aromatisées, limonades, boissons aux fruits et nectars, jus de fruits, etc.).

Vu qu’ils sont digérés très rapidement, les sucres simples engendrent à une augmentation rapide de l’insulinémie (en réaction à une hausse brutale du taux de sucre dans le sang – ndlr) et par conséquent, ça engendre un stockage des sucres sous forme de graisse. Ce phénomène augmente avec la forme liquide car ça encourage le consommateur à ingérer de grandes quantités de sucres à son insu.

 

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Les boissons industrielles sont bourrées de sucre (Crédit photo: iStock)

 

D’autre part, il est scientifiquement prouvé qu’une une boisson rassasie moins qu’un aliment solide de même valeur calorique : on mange autant que d’habitude au repas suivant et les calories des boissons sucrées s’ajoutent insidieusement à celles du repas. D’où l’association des sodas à la malbouffe !

Les sucres simples les plus utilisés dans l’industrie alimentaire:

  • Dextrose
  • Fructose
  • Glucose
  • Lactose
  • Maltodextrine
  • Maltose
  • Sirop de glucose
  • Sirop de glucose-fructose
  • Sirop de sucre
  • Sucre ou sucre de canne (saccharose)
  • Sucre inverti

Les édulcorants: jeter de la poudre aux yeux

On distingue deux types d’édulcorants: les intenses et les POLYOLS.

1 – Les édulcorants intenses

Ils sont très utilisés dans les boissons industrielles, pour remplacer tout ou partie des sucres, surtout dans la gamme dite « Diet » et du « Zéro Sucres ». On parle ici des édulcorants intenses (très fort pouvoir sucrant et n’apportent aucune calorie !- ndlr):

  • Acésulfame K (E950)
  • Aspartame (E951)
  • Cyclamate (E952)
  • Glycosides de stéviol (stevia, E960)
  • Saccharine (E954)
  • Sucralose (E955)
  • Thaumatine (E957)

 

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Les édulcorants n’ont pas un apport significatif sur la santé, selon l’Anses © MaxPPP

 

2 – Les édulcorants de charge (POLYOLS)

Ce type d’édulcorants a un pouvoir sucrant proche du sucre de table et ils sont utilisés un peu partout (chewing-gums, sodas, biscuits, etc.) :

  • Érythritol
  • Isomalt
  • Maltitol
  • Mannitol
  • Sorbitol
  • Xylitol

 

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Le Xyltiol: largement utilisé dans l’industrie agroalimentaire notamment dans les chewing-gums (Crédit photo: iStock)

 

Grosso modo, en apparences, les industriels mettent en avant des boissons moins sucrées et supposées meilleures pour la santé, mais en réalité et scientifiquement parlant, les édulcorants intenses n’ont aucun effet ni sur le contrôle du poids, ni sur la glycémie chez les sujets diabétiques ou sur l’incidence du diabète de type 2. Le vrai problème des boissons édulcorées, c’est qu’elles entretiennent l’appétence pour le goût sucré au détriment de l’eau.

Les allégations autorisées

Dans plusieurs boissons industrielles, on remarque la présence des allégations. Découvrons ensemble leurs significations:

1 – « Sans Sucres » ou « Zéro Sucres »

  • L’aliment doit contenir au maximum 0,5 g de sucre/100 g.
  • La boisson ne doit pas dépasser les 0,5 mg de sucre/100 ml.

 

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Les Sodas, dits « Light »: une supercherie ! (Crédit photo: iStock)

 

2 – « À faible teneur en sucres »

  • Au maximum 5 g de sucres/100 g pour les produits solides.
  • Pas plus de 2,5 g de sucres/100 ml de boisson.

3 – « Allégé en sucres »,« Light » ou « À teneur réduite en sucres »

  • Au minimum 30 % de sucres en moins qu’un produit standard similaire.

4 – « Sans sucres ajoutés » :

  • Le produit doit être commercialisé sans ajout de sucres comme le glucose, le saccharose, le sirop de glucose-fructose, etc.

Que dit l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ?

Pour diminuer les risques sanitaires, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de ramener l’apport de sucres « libres » (sucres ajoutés + sucres naturellement présents dans le miel, les sirops, les jus de fruits et les jus de fruits à base de concentré) à moins de 10 % de l’apport énergétique total, soit 50 grammes environ pour un adulte.

 

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Le Tunisien consomme trop de sucre (Crédit photo: iStock)

 

Voire à 5 % (25 g) pour bénéficier d’avantages supplémentaires, notamment sur la santé dentaire et le poids. Or le Tunisien consomme annuellement 37 kg de sucre, soit deux fois plus que la consommation moyenne d’une personne dans le monde, selon l’ancien ministre de l’Industrie et du Commerce Zied Laadheri.

À quand un ''Nutri-Score'' en Tunisie ?

En France, depuis Avril 2017, les entreprises agroalimentaires peuvent apposer sur leurs emballages le logo Nutri-Score. Ce système d’étiquetage nutritionnel basé sur un logo avec cinq valeurs allant de A à E et du vert foncé (les produits de très bonne qualité nutritionnelle) au rouge (les produits dont il vaut mieux réduire la consommation).

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Le logo du Nutri-Score affichant un A

 

Le Nutri-Score prend en compte les éléments à limiter:

  • Valeur énergétique
  • Sucres simples
  • Acides gras saturés
  • Sel

Par ailleurs, ce « Système 5 couleurs » met en valeur les éléments bénéfiques tels que:

  • Fruits
  • Légumes
  • Fibres 
  • Protéines

 

Manifestement, à défaut d’une nouvelle loi de modernisation du système de santé, aussi appelée loi Santé (une loi française promulguée en ), un épais écran de fumée se dresse entre le consommateur tunisien et les produits transformés de l’industrie agroalimentaire, sous nos cieux, surtout au niveau de la transparence concernant les teneurs et l’utilisation des sucres et des édulcorants.

Comme quoi, il y a encore du pain sur la planche en terme de politiques de santé publique et de sensibilisation pour lutter efficacement contre l’augmentation des maladies cardiovasculaires, de l’obésité et du diabète. Il faut dire qu’en consultant le site « majles.marsad.tn », nous remarquons que les députés tunisiens de la Commission de la santé et des affaires sociales ont d’autres chat à fouetter !


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