Au « S’hour » ou en dessert : le « mesfouf » dans tous ses états

Crédit photo: MIAM, MIAM & YUM


S’il est un plat rustique et d’une extrême simplicité, c’est bien le « mesfouf » ! En effet, ce couscous ne demande aucun bouillon et seule la vapeur d’eau émanant de la marmite en assure la cuisson.

Le terme « mesfouf » renvoie à celui de « seffa » et évoque les graines de semoule fine. D’ailleurs, les Marocains utilisent ce terme de « seffa » pour désigner ce que Tunisiens et Algériens nomment « mesfouf ».

Il s’agit en l’occurrence d’un couscous sucré des plus appréciés. A la base, il y a la graine proprement dite qui est préparée à la valeur. Ensuite, on ajoutera du beurre pour enrichir ou encore du lait pour donner plus de consistance.

Dans un « mesfouf », l’élément sucré est déterminant car c’est lui qui vient enrichir la recette. On ajoutera donc du miel, des fruits frais comme le raisin, les dattes ou la grenade ou encore des fruits secs comme les figues sèches, les pignons ou les raisins secs. Parfois, une cuillère de sucre en poudre peut suffire pour relever la saveur. Dans certains autres cas, la cannelle ou l’eau de fleur d’oranger seront des adjuvants fort appréciés.

Ce « mesfouf » offre en fait des possibilités infinies et peut constituer un petit déjeuner de qualité, similaire aux céréales (« corn flakes » ou « raisin bran » et autres « muesli ») dont raffolent les enfants. Selon les saisons ou l’inspiration, on changera la garniture tout en maintenant l’essentiel, à savoir les grains de couscous.

Pour préparer un bon « mesfouf », la base est la même dans tous les cas. En effet, on asperge la semoule d’eau salée et on la brasse puis on la place dans le couscoussier au-dessus d’une marmite d’eau bouillante.

Ensuite, place aux goûts et aux couleurs! Pour les uns, le mesfouf sera simplement garni de raisins secs. Pour d’autres, on formera un cratère au milieu des grains de semoule pour y verser du lait ou du miel ou encore faire fondre un peu de beurre. Pour un mesfouf de gala, on utilisera plusieurs fruits secs mélangés avec les saveurs conjuguées des noisettes, pistaches et noix. Parfois, on peut se contenter d’aromatiser, simplement aromatiser, le « mesfouf » en l’aspergeant d’eau de fleur d’oranger ou en faisant appel à un bâtonnet de cannelle.   

Dans tous les cas, le « mesfouf » est de plus en plus réinterprété. De nos jours, plusieurs chefs cuisiniers, en Tunisie, en France et dans le Maghreb, n’hésitent pas à lui donner de nouveaux atours t des variantes à l’infini. C’est ainsi qu’on peut aussi chocolater le « mesfouf », puis. y ajouter des quartiers de poire et des zestes de bergamote. On peut aussi ajouter des fleurs de lavande dans l’eau qui bout ou encore servir le « mesfouf » aux fruits secs avec un sorbet de lavande ou de la crème fouettée.

A chacun selon son inspiration! Même si la mienne ira chercher du côté des traditions! Il existe en effet une recette ancestrale très prisée parmi les communautés juive et musulmane du Tunis du dix-neuvième siècle. Cette recette porte le nom de « farka » ou encore « couscous des quatre mendiants » . Je vous la rapporte comme la décrit Jacques Lévy dans son ouvrage de référence sur la cuisine tunisienne.


 Le « mesfouf » à la tunisienne

… selon une recette de grand-mère

 

mesfouf
Le « mesfouf » à la tunisienne (Crédit photo: Patrick BOURSEAUX – © Copyright mangeonsbien.com)

 


Catégorie : dessert, plat traditionnel

Temps de préparation : 30′

Temps de cuisson : 20′


Ingrédients

Pour 4 personnes

  • 500 g de semoule pour « mesfouf »
  • 500 g de dattes fraîches
  • 100 g de beurre mou
  • 50 g de pistaches non salées décortiquées
  • 50 g d’amandes entières
  • 50 g de noix
  • 1 grenade
  • 10 cl d’eau chaude
  • Huile d’olive
  • 1 c. à .s de cannelle pilée

 

 

Préparation

Étape par étape'

  • Verser la semoule pour « mesfouf » dans une bassine ou un grand saladier.
  • L’arroser d’un filet d’huile d’olive et l’humecter légèrement d’eau chaude.
  • Laisser gonfler la semoule pendant 15’ en la remuant de temps à autre.
  • Mettre une quantité minime de ce couscous dans un couscoussier toujours placé sur sa marmite d’eau bouillante.
  • Dénoyauter les dattes fraîches et coupez-les en deux.
  • Sur ce lit de semoule, étendre une couche de dattes.
  • Couvrir ces dattes du reste du couscous et laisser cuire encore pendant 20′.
  • Faire fondre le beurre mou dans un bain à marie.
  • Enlever le couscoussier du feu.
  • Verser le contenu dans la bassine.
  • Ajouter du sucre et de la cannelle pilée.
  • Mélanger le tout.
  • Ajouter ensuite les pignons, les noix et les pistaches ainsi que le beurre fondu.

Conseil: vous pouvez remplacer le beurre par de l’huile d’olive.

  • Bien mélanger.
  • Servir chaud ou froid.
« Mesfouf » à la tunisienne (Crédit photo: Patrick BOURSEAUX – © Copyright mangeonsbien.com)

 

Bon appétit !


Voilà, le tour est joué! Et, de plus, il existe des variantes puisqu’on pourra remplacer les dattes par des figues sèches ou des raisins secs. Comme on pourra utiliser des raisins te des grenades au lieu des fruits secs. 
A vos fourneaux! Pour que durant le mois saint du Ramadan, au « S’hour » ou en dessert, nous retrouvions les chemins de tous les « mesfoufs »

5 Commentaires sur “Au « S’hour » ou en dessert : le « mesfouf » dans tous ses états

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