« Zaârour »: ces baies sauvages dont nos écoliers raffolent !


Muri juste à la rentrée des classes et échangé par les enfants devant les écoles primaires et durant les récrés, le « zaârour » (l’azérole, en français: à ne pas confondre avec l’acérola, la cerise des Antilles, dont le nom est très proche-Ndlr), dit aussi pommette, est un fruit d’automne dont nos petits raffolent ! Gros plan sur un fruit d’automne qui possède même quelques propriétés santé intéressantes.


Devant les écoles primaires ou à l’entrée des marchés et des souks, les vendeurs de « zaârour » marquent leurs territoires munis de leurs couffins remplies de ces baies jaunâtres. Vendu, aujourd’hui, à 500 millimes le « Kess trabelsi » (un verre de 25 cl), l’azérole a toujours était le fruit de prédilection des enfants et des petits friands de gâteries.

 

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Un vendeur de « zaârour » (azéroles, dites pommettes) et d »’anneb » (jujubes) à l’entrée du marché de Nabeul. (Crédit photo: Hanene MABROUK – mangeonsbien.com)

 

Dans les années 1970 et 1980, les écoliers remplissaient leurs petites poches pour les grignoter sur le chemin de retour vers la maison. Riche ou pauvre, ce fruit saisonnier était l’attraction phare de la rentrée des classes. Telle une monnaie d’échanges, entre jeux de cartes, paris ou parties de billes, les perdants étaient astreints de payer les vainqueurs en autant de verres remplies de ces baies dorées.

l'arbre: l'azérolier

À l’image du « anneb » (le jujube), l’azérole est cueillie au début d’automne à partir de l’azérolier, dérivé du mot arabe « al-Zaârour » de la famille des Rosacées (Nom botanique : Crataegus azarolus) ou épine d’Espagne. C’est un arbre épineux qui peut atteindre 6 mètres de haut, voire même 10 m et supporte en effet mal une température en dessous de -10°C.

 

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Un azérolier (Crédit photo: Abdelkarim Ben Abdallah)

 

 Il existe 5 sous-espèces d’azérolier :

  1. Crataegus azarolus var. aronia L. : Très présente et cultivée en Syrie. Feuilles entièrement velues à la face inférieure. Épines rares. Rameaux densément laineux-tomenteux ou plus ou moins laineux.
  2. Crataegus azarolus var. pontica C.Koch
  3. Crataegus azarolus var. azarolus
  4. Crataegus azarolus var. chlorocarpa (Moris) K.I.Chr.
  5. Crataegus azarolus var. assadii (Khatamsaz) K.I.Chr.

Ces variétés appartiennent à la section Crataegus, nothosect. Crateguineae, séries Orientales de la classification de Christensen (1).

En revanche, les cultivars les plus courants sont :

1 – En Italie :

  • « Blanche d’Italie » ou « moscatella »
  • « Rouge d’Italie »
  • « Jaune du Canada »
  • « Fruto Blanco » : gros fruits blancs sans pépin
  • « Julieta » : fruits rouges

2 – En Espagne:

  • « Monstruoso » et « Orihuela »

Le fruit: l'azérole, dite pommette ou ''zaârour''

Petite pomme ou grosse baie, c’est un fruit charnu qui pousse sur des buissons dans la campagne et souvent sur les hauteurs moyennes ou flancs de montagne, le long du bassin méditerranéen.  

De la même famille que l’aubépine mais plus goûteuse, l’azérole est également appelée pommette dans le sud de la France. Elle ressemble beaucoup à une grosse cerise de couleur jaune ou rouge (lorsqu’elle arrive à maturité), au début de l’automne.

 

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Un couffin rempli d’azeroles et de jujubes (Crédit photo: Hanene MABROUK – mangeonsbien.com)

 

De la grosseur d’une cerise, le fruit contient 3 à 5 noyaux avec une chair sucrée au goût acidulé, parfumée et de saveur très agréable. C’est un fruit qui est aussi très populaire en Chine que l’on trouve sur les marchés et aussi sous forme confite ou caramélisée vendu en brochette dans les rues. Elles son appelées « Tanghulu ».

L'azérole dans la gastronomie

Le « zaârour » est souvent transformé en confiture ou en gelée dont le goût se rapproche alors de celui de la prune. D’ailleurs sa saveur rivalise avec la confiture de quetsches.

 

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Des pots de gelée d’azérole: ceux à gauche qui ont une couleur de miel (Source photo: La table des Joyeux)

 

En revanche, les jeunes feuilles et fleurs sont utilisées pour agrémenter les salades. Les fleurs d’azérole sont aussi bénéfiques en infusion.

 

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Confiture « Nectar d’Azérole » (Crédit photo: Tartines & Friandises)

Les bienfaits du ''zaârour''

1 – Un excellent antioxydant

L’azérole est riche en flavonoïdes (antioxydants), qui aident à lutter contre les radicaux libres et prévient contre l’apparition de certains cancers.

Le « zaârour » est, également, efficace contre la dégénérescence des cellules et l’apparition des rides ce qui lui confère un effet anti-âge.

2 – Vitamines

– L’azérole est très riche en vitamine A qui est bénéfique pour:

  • La vision surtout nocturne;
  • La protection des os;
  • Et la lutte contre le stress.

Il reste à signaler que « les carences en vitamine A ne sont pas rares et peuvent provoquer des problèmes de santé.« , souligne l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Bon à savoir: les sources de la vitamine A est souvent d’origine animale. Donc le « zaârour » peut-être un bon allié pour les végétariens. 

– La pommette est aussi riche en vitamine C (tonifiant et la stimulateur des défenses immunitaires).

Les vertus de la fleur de l'azérolier

Les fleurs  l’azérolier sont réputées pour diminuer :

  • Les troubles cardiaques;
  • L’hypertension artérielle;
  • Et les insomnies.

Bon à savoir: les personnes qui souffrent d’un stress peuvent donc en consommer et profiter de ses vertus.

Les bienfaits de l'huile essentielle du ''zaârour''

Le « zaârour » est très utilisé en cosmétique et en pharmacie. Son huile essentielle contient de la quercétine, qui constitue un bon antioxydant.

En revanche, dans l’univers de la cosmétique, l’azérole est prisée pour son effet antiâge.

Enfin, dans l’industrie pharmaceutique, ses effets contre la dégénérescence des cellules sont mises en valeur ainsi que les différentes vertus citées ci-dessus.


1 – CHRISTENSEN, K. I. (1992). Revision of Crataegus sect. Crataegus and nothosect. Crataeguineae (Rosaceae-Maloideae) in the Old World. Systematic botany monographs, v. 35. Ann Arbor, Mich, American Society of Plant Taxonomists.


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