Sur la table du Roch Hachana: pommes, miel, grenades, dattes, tête de bélier, etc…

Crédits photo: KARAIDEL via Getty Images


Hasard du calendrier, les Tunisiens musulmans et leurs frères et soeurs de confession juive célèbrent, aujourd’hui, respectivement le « Ras el-Âam el-Hejri » et le « Roch Hachana » (jour de la sonnerie: une fête juive célébrant la nouvelle année civile du calendrier hébraïque-Ndlr).

Certes, pour les musulmans, le couscous au « Qaddid » demeure le plat principal du « Ras el-Âam el-Hejri »: un couscous aux lanières de viandes, merguez et osben séchés, fèves (un gage de prospérité) et oeufs durs, mais dans d’autres régions la « mloukhiya » (Grand-Tunis, Kef et autres.), dont la couleur verte est considérée de bon augure, et la poupée de sucre (Nabeul) ainsi que des friandises et des fruits secs ont aussi leur mot à dire.

Chez nos concitoyens juifs, et selon la tradition séfarade, la Roch Hachana rime avec des coutumes culinaires et us ancestrales. En effet, les deux soirs de cette fête, différents aliments sont consommés pour accompagner les prières et les espoirs afin de débuter la nouvelle année.

Le Seder du Roch Hachana, selon la tradition judéo-tunisienne

Selon la tradition, de nombreux aliments furent choisis pour le Seder du Roch Hachana [1] car leurs noms hébraïques sont proches de termes qui expriment les souhaits pour ce début de cette année:

  • Dattes (labeur et patience): elles sont liées au mot « terminer ».
  • Haricots blancs (multiplication des mérites): ils sont liés aux mots « nombreux » et  « cœur ».
  • Poireaux: il est lié au mot « couper » et « abattre (un arbre) ».
  • Betteraves: elles sont liées au mot  « partir » et « disparaître ».
  • Courge (abondance et fécondité): elle est liée au mot « déchirer » et aussi  « annoncer » ou « énoncer ».
  • Grenade (vie, amour, fertilité et prospérité): un fruit nouveau qui symbolise le souhait d’avoir une année pleine de « mitsvot » (les bonnes actions) et de bonnes actions à l’image du nombre des graines d’une grenade.
  • La pomme et le miel: la « hallah » (une pomme, qui représente le nouveau fruit) doit être coupée en morceaux et trempée dans du miel pour exprimer le souhait de renouveler une année [2].
  • Tête de bélier (ou la tête d’un poisson) assaisonné d’harissa et de cumin et cuit au four: cela symbolise notre désir d’être « en tête » cette année [2].

De ce fait, après la récitation du kiddouche sur une coupe de vin ou de jus de raisin, il faut laver ses mains, puis, manger du pain. Enfin vient le tour des mets cités ci-dessus. La tradition veut qu’une prière accompagne la consommation de chaque mets (en suivant la chronologie suivante: dattes, haricots blancs, poireaux, betteraves, courge) tout en exprimant ses propres vœux liés à ces mots. La prière doit être récitée en tenant l’aliment dans la main droite, immédiatement avant de le manger.

 

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Un dîner de Roch Hachana (Source photo: roshhashanah2016.com)

 

Il reste à ajouter que pour la communauté judéo-tunisienne [3], tous les aliments de couleur verte qui rappellent le renouveau et la renaissance peuvent être présents sur la table du Seder du Roch Hachana:

  • Des feuilles de blettes frites et trempées dans du miel
  • Les fèves
  • Les épinards
  • Les haricots verts
  • La « mloukhiya » (corète)
  • La menthe fraîche

D’autres aliments peuvent être présents sur la table du Seder car ils représentent de bons présages [3]:

  • Le vin blanc: symbole des fautes expiées
  • La figue: symbole de la richesse
  • Les grains de sésame: symbole de la multiplication et de l’immortalité
  • Le « Anneb » (jujube): symbole de la limite et de la mesure dans l’espace et dans le temps
  • Le « zaârour » (azérole).
  • Le caroube
  • Les coings
  • Les nouvelles dattes jaunes, dits « bchir »
  • Des confitures de fruits de saison (grenade, figues ou coings)
  • Des pâtisseries: « maqroudh », « déblas », dits aussi « ouedhnine el-Kadhi », « youyous » et cigares de miel

Bon à savoir: A Djerba il est de coutume de partager la dernière pastèque de la saison que l’on aura conservée pour l’occasion et l’on évoque « si vos péchés étaient rouges qu’ils deviennent aussi blanc que la neige » [3].

« Bkaïla », « Mloukiyha », couscous aux 7 légumes, etc…

Enfin,en Tunisie [3], pour ce qui est des plats cuisinés, on retrouve sur la table du Roch Hachana, principalement, les mets suivants:

  • La « Bkaïla », dite aussi « madfouna »
  • La « Mloukhiya » pour les juifs de Nabeul
  • Le couscous aux sept légumes
  • Le couscous sucré
  • Le poulet avec son bouillon et ses nouilles
  • Trois beignets ou omelettes spéciales: une d’ail, l’autre de potiron, citrouille, la dernière d’épinards ou de blettes

D’autres plats peuvent être aussi présents:

  • Les boulettes
  • L’épaule d’agneau aux fonds d’artichauts, accompagné d’un ragoût de fèves fraîches
  • Le poulet aux oignons

Bon à savoir: À Roch Hachana, il est de coutume de consommer des mets doux et sucrés, symbolisant le désir d’avoir une année douce, une année de bénédictions et d’abondance. Ainsi pas de place aux mets amères ou acides. Il est aussi d’habitude de ne pas manger de noix durant cette fête car la valeur numérique du mot hébraïque noix (« egoz ») est la même que celle du mot hébraïque pour péché (« ‘het ») [2].

Shana Tova pour tous nos concitoyens de confession juive… !


Références:

1- Le Seder de Roch Hachana selon la tradition séfarade (Source: fr.chabad.org)

2- Le repas du soir du Roch Hachana (Source: fr.chabad.org)

3 – Roch Hachana, le nouvel an juif (Source: Cuisine et traditions judéo-tunisiennes)


 

Un commentaire sur “Sur la table du Roch Hachana: pommes, miel, grenades, dattes, tête de bélier, etc…

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