« Yummy, Yummy, Yummy »… « Omar m’a tuer » !

Crédit photo: ©  Omar LASRAM


En 1968, grâce à son single « Yummy, Yummy, Yummy », le groupe de pop américain « Ohio Express » se classa dans le Top 5 des charts (4e aux États-Unis, 5e au Royaume-Uni et 1er au Canada-Ndlr).

Or, plusieurs d’entre vous vont poser la question suivante: que vient faire le titre de ce single planétaire ou « Omar m’a tuer », cette phrase à la grammaire incorrecte, liée à la célèbre affaire Omar Raddad, dans un article publié sur une plateforme culinaire? Je m’explique.

Si la voix de Joey Levine ou celle de Julie London faisait danser la jeunesse de la fin des Sixties sur le refrain « Yummy, yummy, yummy, I got love in my trummy » (Yummy, Yummy, Yummy, j’ai l’amour dans mon ventre: en français), depuis octobre 2017, l’artisan culinaire tunisien et artiste-photographe à ses heures perdues, Omar Lasram enchante les papilles des gourmets du Tout-Tunis avec des produits du terroir tunisien dans les locaux de son épicerie fine, la Cacciola au Kram.

 

Omar
La devanture de l’épicerie fine, la Cacciola d’Omar Lasram ( Crédit photo: © Omar LASRAM)

 

Épicurien, volubile, gouailleur, bon vivant et surtout nostalgique de la pâtisserie Cacciola dont les glaces, les mille feuilles et les douceurs demeurent dans les annales du mieux manger sous nos cieux, Omar a emboité le pas del signore Salvatore Cacciola.

Jovial, souriant et généreux, avec sa bonne humeur et son accueil convivial, dans la banlieue nord de Tunis, Omar ne laisse personne indifférent.

 

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Omar Lasram (d) et Yves Marek (g) à la Cacciola (Crédit photo: © Omar LASRAM)

 

Il faut dire que la boutargue — produite dans son atelier, selon une recette ancestrale —  demeure le produit phare de cette caverne d’Ali Baba… D’ailleurs, chez la Cacciola, on peut savourer un délicieux casse-croûte à la boutarge, à la purée de pomme de terre, au caviar d’artichauts, etc… Un plaisir du palais !

« Nous avons pu s’imposer sur le marché grâce à notre engagement de ne solliciter que les petits artisans tunisiens professionnels spécialisés dans le terroir tunisien, souvent avec une double casquette de médecin, d’ingénieur ou d’universitaire. », souligne Omar Lasram.

 

 

Toujours dans les produits iodés, le thon rouge artisanal que prépare Omar à l’huile d’olive, équilibré en sel et sans conservateurs et commercialisé dans des bocaux hermétiques stérilisés à l’ancienne, fait aussi la renommée de l’épicerie fine, la Cacciola.

Outre « Aâdham el hout »* et « etton »**, chez « weld »*** Lasram, on peut trouver du poulet fermier du Domaine Sidi Mrayah à Zaghouan, des œufs de cailles de Soliman, de l’harissa de Nabeul, des olives de Sfax et une myriade de produits artisanaux tels que les tomates séchées, les cœurs d’artichaut, l’huile d’olive vierge-extra pressée à froid, l’ail noir bio, les confitures artisanales, les pattes à tartiner, la sauce pesto, les tapenades d’olive, les anchois de Mahdia, les dattes de Kebili, les rillettes de canard, les rillettes de canard/coq fermier, le magret de canard fumé, bloc de foie gras entier, etc… Que des produits tunisiens !

 

 

 

« Notre gage est de convaincre le client de manger tunisien en limitant les circuits de distribution même quand cela concerne le beurre de cacahuète, les rillettes de canard ou même l’ail noir, qui ne font forcement pas partie des habitudes de consommation des tunisiens, et quand c’est le cas ils sont importés. », ajoute le boss de l’Épicerie fine, la Cacciola.

Très attaché au patrimoine culinaire de nos concitoyens de confession juive, durant la saison hivernale, Omar propose le fameux « lablabi » dominical de la Cacciola accompagné de l’harissa au « torchi » de navets aux oranges amères.

 

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Le « lablabi » dominical de la Cacciola (Crédit photo: © Omar LASRAM)

 

« L’évolution a eu lieu grâce à l’enchaînement des événements auxquels nous participons ou nous co-organisons, de telle sorte de toucher les maximum de clients potentiels possible, nous citons par exemple: l’exposition organisée par le collectif Be Tounsi en partenariat avec l’UTICA (Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat-Ndlr) qui a eu lieu au siège de cette dernière, et le bazar diplomatique à l’initiative du collectif des femmes des ambassadeurs en Tunisie, ainsi que plusieurs autres expositions. », conclut-il.

Enfin, alors que quatre pays du Maghreb viennent de déposer un dossier pour inscrire le couscous dans la liste du patrimoine immatériel de l’UNESCO, tout au long de l’année, les pèlerins de la bonne chère peuvent déguster, chaque dimanche, chez Omar plusieurs variétés de ce plat berbère: au coq fermier ou au poulpe de Kerkennah (calibre 3,5 kg) ou bien à l’agneau de lait et aux légumes, selon la saison (pour l’octopus) et le marché du jour (pour la volaille et la viande ovine).

 

 

Maintenant, vous comprenez pourquoi « Yummy, Yummy, Yummy »… « Omar m’a tuer » !


* « Aâdham el hout » (« عظم الحوت ») : la boutargue, en judéo-arabe
** « Etton » (« التن ») : la thon, en arabe
*** « Weld » (« ولد ») : l’expression le « fils de », en arabe

Pour les curieux:

    • Adresse: Rue Salaheddine Bouchoucha, Le Kram

 

 

 


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